24 janvier 2023
De la visite rare sur une ferme de Saint-Damase
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Des représentants d’organisations agricoles africaines étaient de passage à la ferme Cabri génétique international à Saint-Damase. Photothèque ǀ Le Courrier ©

Dix représentants d’organisations agricoles africaines étaient de passage, le 23 novembre, à la ferme Cabri génétique international à Saint-Damase, spécialisée dans la production de chèvres, dans le cadre de la mission Sud-Nord « Viens marcher ma Terre 2022 » de l’Union des producteurs agricoles Développement international (UPA DI).

Ils sont restés au Québec jusqu’au 3 décembre afin d’échanger sur les politiques agricoles et agroenvironnementales en vigueur dans la province et dans leur pays respectif et de s’inspirer de nos productions. « Ce fut une super bonne visite. Ils ont été impressionnés », a affirmé Hélène Benoit, consultante en communications de l’UPA DI.

Certains se sont d’ailleurs montrés intéressés par le démarrage d’un élevage caprin dans leur pays. « C’est un élevage qui pourrait bien s’intégrer chez eux. Les propriétaires de la ferme Cabri génétique international, Ginette Morneau et Christian Dubé, ont quand même 25 ans d’expérience et pourraient donc être des ressources pour les producteurs africains qui voudraient intégrer un tel élevage. Ça permettrait de diversifier leur entreprise. Ça permet aussi de diversifier l’agriculture dans leur communauté et d’augmenter l’autonomie alimentaire et les produits pouvant être achetés localement », explique Mme Benoit.

« Nous avons bien apprécié et suivi avec attention les explications des propriétaires de la ferme, que je félicite au passage. Est-ce que ce modèle pourra être dupliqué en Afrique, plus précisément chez nous, au Sénégal? Nos discussions futures nous le diront. Merci à Ginette et à Christian de nous avoir ouvert leurs portes et merci à l’UPA DI d’avoir facilité la mise en relation », a témoigné Ahmedou Moukhtar Mbodj, secrétaire général du Cadre national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR).

Une mission pour les dirigeants

L’UPA DI aura 30 ans l’an prochain et cette année représente le retour des missions qui existent depuis plus de 20 ans et qui avaient été arrêtées en raison de la pandémie. Depuis le début, des échanges se font avec des pays d’Afrique et, depuis une dizaine d’années, avec Haïti. Plus récemment se sont ajoutés la Tunisie, la Bolivie et le Pérou. La Tunisie fait d’ailleurs partie de la mission actuelle avec le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et la République démocratique du Congo. De plus, l’UPA DI s’est rendue pour la première fois en Indonésie cette année, mais des agriculteurs de ce pays ne sont pas encore venus au Québec.

L’édition de cette année est particulière puisqu’il s’agit vraiment d’une mission dédiée aux dirigeants d’organisations agricoles de plusieurs pays et à l’échelle provinciale ici, au Québec. Auparavant, il s’agissait plutôt de stages dans des fermes d’une région spécifique, les régions variant d’une année à l’autre, pour des groupes de femmes ou des agriculteurs d’un pays en particulier.

Les visiteurs ont aussi participé à une journée de réflexion avec les membres du conseil d’administration de la coalition « Nourrir l’humanité durablement » créée en mai 2021, ce qui permet d’entamer le processus pour internationaliser le mouvement. Les représentants africains souhaitent que leurs organisations joignent les rangs du mouvement, mais ils ont convenu, dans un premier temps, à l’instar de ce qui s’est fait au Québec, de rallier à cette cause les acteurs du secteur agroalimentaire et les organisations de la société civile dans leur pays respectif.

Ils ont aussi pris part à des rencontres avec des organisations gouvernementales du Québec et du Canada et au Congrès général de l’Union des producteurs agricoles, les 29 et 30 novembre. Le but pour l’UPA DI est de faire connaître les préoccupations des agricultrices et des agriculteurs d’ici et d’ailleurs au regard des politiques agricoles, les enjeux d’autonomie alimentaire et de développement durable auxquels doivent répondre ces politiques et les points de vue de leaders agricoles sur ces questions.

« Nous avons des enjeux communs, notamment en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’achat local. Il y a un partage d’informations qui se fait. Il y a des collaborations, des partenariats et des alliances à faire », a déclaré Hélène Benoit.

Adaée Beaulieu

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