1 avril 2025 - 05:00
Gérer l’incertitude de manière stratégique face à la guerre commerciale de Trump
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région
Les panélistes Tommy Jodoin, directeur du développement industriel et commercial chez Saint-Hyacinthe Technopole, et Isabelle Bittar, directrice générale chez Expansion PME. Photothèque | Le Courrier ©

Les panélistes Tommy Jodoin, directeur du développement industriel et commercial chez Saint-Hyacinthe Technopole, et Isabelle Bittar, directrice générale chez Expansion PME. Photothèque | Le Courrier ©

Les temps d’incertitude peuvent parfois cacher des opportunités d’affaires qui n’attendent qu’à être cueillies. C’est sans doute le conseil qu’auront retenu les entrepreneurs venus assister au panel d’information sur les tarifs américains, organisé par Saint-Hyacinthe Technopole, le 20 mars.

L’activité, animée par Tommy Jodoin, directeur du développement industriel et commercial à Saint-Hyacinthe Technopole, et Isabelle Bittar, directrice générale chez Expansion PME, a permis aux entrepreneurs présents d’en apprendre plus sur l’impact des nouveaux tarifs sur l’économie locale et régionale, sur les stratégies pour protéger et faire croître leur entreprise ainsi que sur les services et les accompagnements disponibles.

Pour Isabelle Bittar, l’incertitude est aussi néfaste que les tarifs eux-mêmes. « Avec les rumeurs de récession et l’incertitude politique à Ottawa, il n’y a rien pour arranger les choses actuellement. Personne n’a de boule de cristal pour prédire ce qui va se passer dans trois ou six mois. On ne sait jamais ce que va faire Donald Trump. Il prend une décision un matin et change d’idée deux jours plus tard. On ne sait pas sur quel pied danser. Plus important que l’impact des tarifs, c’est le chaos créé par l’incertitude. Dans de telles circonstances, il est difficile de se préparer et de suivre un plan. Cette incertitude a aussi amené une baisse des investissements étrangers. Auparavant, nous étions la porte d’entrée idéale pour le marché de l’Est américain, surtout pour les entreprises européennes. Maintenant, c’est plus compliqué à la frontière », a-t-elle expliqué.

« Il y a une baisse de confiance, constate Tommy Jodoin. Les entrepreneurs hésitent beaucoup plus avant d’entamer des actions. Ce que l’on constate, c’est qu’il y a présentement des entreprises qui sont sur pause quand il serait plutôt le bon moment pour elles d’aller de l’avant. »

Dans ce contexte, on peut se demander comment les entrepreneurs peuvent faire pour s’y retrouver. Pour la directrice générale d’Expansion PME, la première chose à faire est de s’arrêter pour dresser le portrait de la situation. Les entreprises doivent se doter d’un plan de match temporel et réaliste, garder la tête froide et ne pas prendre de décision sans avoir pesé le pour et le contre.

« C’est peut-être le temps de viser d’autres marchés. Mais, c’est souvent une chose assez difficile à faire. Percer un nouveau marché peut prendre entre un et deux ans. Il faut prendre le temps de bien faire ses études de marché. Il est important de ne pas y aller loose cannon. Il ne faut pas tirer sur tous les marchés en espérant que ça clique quelque part. Cette façon de faire ne fonctionne pas. Il n’y a pas de solution universelle parce que toutes les entreprises sont uniques », a mentionné Mme Bittar.

Se diversifier, revoir sa chaîne d’approvisionnement, ouvrir une adresse aux États-Unis sont toutes des solutions qui peuvent s’offrir aux entreprises. S’attaquer au reste du Canada demeure une option intéressante même s’il reste des barrières interprovinciales. Mais selon les deux panélistes, la chose reste plus facile à faire que de s’étendre au marché européen, par exemple.

« C’est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver au Canada. Ça va nous forcer à être innovants. Prévoyons le pire et espérons le mieux », a conclu M. Jodoin.

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