14 mai 2019
Capsule parents
Jeunes et adultes LGBT : La violence en ligne a des conséquences bien réelles
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Cette année, la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai aura pour thème « La violence en ligne a des conséquences bien réelles ».

C’est bien connu, l’intimidation via les réseaux sociaux ou les textos peut avoir de graves conséquences pour ceux et celles qui la subissent. Alors que très longtemps, l’intimidation vécue à l’école ou au travail prenait fin au retour à la maison, la réalité actuelle est tout autre. La cyberintimidation atteint les victimes dans l’intimité de leur foyer, endroit où elles devraient se sentir en sécurité.

Il y a une dizaine d’années, alors que je m’activais sur le net en tant que blogueur en mettant de l’avant les questions des droits pour les personnes LGBT, j’ai reçu un message troublant d’un lecteur anonyme qui a employé des mots homophobes très réducteurs à mon égard, allant jusqu’à me menacer de mort s’il me rencontrait un jour.

Ce genre de commentaire est paralysant. On croit souvent que ça n’arrive qu’aux autres, mais lorsque ça s’adresse à nous, la peur nous envahit et l’anxiété prend une grande place. J’étais pourtant un adulte. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait ou dit pour être menacé de la sorte. J’ai donc porté plainte à la Sureté du Québec, sans connaître la suite des choses.
Imaginez maintenant un-e jeune qui est victime de cyberintimidation à répétition sur les réseaux sociaux, s’il est déjà une personne fragilisée par l’intimidation dans son milieu.

L’homophobie et la transphobie ont des conséquences pour les victimes, que ce soit dans la réalité physique ou dans la réalité virtuelle. Voici quelques données tirées de la Fiche synthèse sur le suicide et les réalités des jeunes LGBT (Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM).

Le stress causé par des facteurs externes peut engendrer du stress interne. Par exemple, l’intimidation génère une mauvaise estime de soi; la stigmatisation des minorités sexuelles provoque un comportement de dissimulation qui engendre de l’anxiété. L’accumulation des facteurs de stress externes et internes produit des résultats dévastateurs pour les jeunes.

Impacts sur la réussite scolaire : Absentéisme, décrochage scolaire, sentiment de non-appartenance à l’école, sentiment de sécurité amoindri et aspirations académiques limitées.

Impacts sur la santé mentale: Anxiété/angoisse, dépression, trouble de stress post-traumatique, troubles mentaux.

Impacts sur la santé physique: Automutilation, troubles du sommeil et troubles de l’alimentation.

Idéalisations suicidaires

Dix-neuf études sur les adolescents LGB (Haas et Lane, 2015) confirment que les jeunes gais, lesbiennes et bisexuel-le-s rapportent trois fois plus de tentatives de suicide et quatre fois plus de tentatives médicalement sérieuses. Des études sur les jeunes trans nous disent que ceux-ci sont particulièrement vulnérables (47 % idéations suicidaires, 19 % tentatives) (Projet Trans Pulse).

Une autre enquête, celle-ci pancanadienne, a conclu qu’un tiers des jeunes transsexuel-le-s et transgenres ont tenté de se suicider (Enquête canadienne sur la santé des jeunes trans).

De quoi faire réfléchir et nous motiver dans notre lutte contre toutes les formes d’intimidation au sein de notre communauté.

Dominique Gauvreau, directeur
JAG, Organisme LGBT+

Les capsules-parents sont sous la responsabilité de la Table de concertation Jeunesse. Cependant, le contenu des articles n’engage que l’organisme qui en est l’auteur.

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