28 décembre 2021
Le Jager : du jazz libre et émotif
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Le Jager est un collectif d’indie jazz formé des Maskoutains Jean-Michel Leblanc, Damien-Jade Cyr et Olivier Guertin et du Mexicain Carlos Maldonado Cisneros. Son premier album, Snow Lotus, a été lancé cet automne. Photo gracieuseté

Depuis le secondaire, les musiciens maskoutains Damien-Jade Cyr, Jean-Michel Leblanc et Olivier Guertin sont liés d’une grande amitié. Même s’ils ont emprunté des chemins différents au fil des années, la musique les a toujours ramenés ensemble. Avec Carlos Maldonado Cisneros, ils forment aujourd’hui le collectif indie jazz Le Jager, dont le premier album, Snow Lotus, a été lancé à la fin octobre.

L’amour pour la musique des trois musiciens de Saint-Hyacinthe s’est développé lors de leur passage à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. C’est aussi là qu’ils se sont connus et qu’une chimie naturelle a opéré. Ils n’ont jamais perdu le contact depuis.

« [Après le secondaire], j’ai retrouvé Damien-Jade au Cégep de Drummondville pendant que Jean-Michel est allé au Cégep Marie-Victorin, raconte Olivier Guertin, le plus jeune des trois, en entrevue au journal. Ensuite, on est tous allés étudier en musique à l’Université McGill et c’est là qu’on a rencontré Carlos et qu’on a fait un combo avec lui. »

Le quatuor, en compagnie de la professeure Christine Jensen, a même eu l’opportunité de se produire au Festival international de jazz de Montréal en 2018. C’est là qu’est né officiellement Le Jager. Par la suite, chacun a mené ses différents projets, principalement en accompagnant d’autres artistes, mais l’idée de se retrouver pour un projet commun est demeurée bien présente. Leur album Snow Lotus en est la preuve.

Un jazz libre

Pour créer et enregistrer cet album, les quatre musiciens se sont reclus pendant cinq jours dans un chalet à Saint-Ferréol-les-Neiges, en 2019, tout juste avant la pandémie. À leur sortie, Le Jager tenait son premier disque. « La majeure partie des chansons, on les avait écrites chacun de notre côté. On les a amenées au chalet et on les a enregistrées », indique Olivier Guertin, le batteur du Jager.

Bien que le cœur du projet soit jazz, celui-ci est teinté d’une grande liberté avec des sonorités tantôt plus rock et aux limites du psychédélique, tantôt plus contemplatives. Dans ce groupe, l’individualité de chacun est mise en lumière puisque chaque membre a participé au travail de composition, intégrant du même coup ses influences plus personnelles. Le groupe a néanmoins laissé une grande place à l’improvisation au moment d’enregistrer. « C’est cet aspect-là du jazz qui est au cœur du projet. L’essence du jazz, c’est la liberté et l’improvisation autour d’un thème ou d’une forme », indique Olivier Guertin.

Comme les musiciens se connaissent depuis bon nombre d’années, « il y a une chimie autant en tant que groupe qu’en tant qu’individu », note-t-il. L’album est une sorte de voyage auditif, quasi immersif pour l’auditeur. « C’est très émotif comme album. Ça transmet bien la vibe de l’enregistrement, où il y a eu des moments de haut et de bas à travers les problèmes techniques qu’on a rencontrés. Il y a des bouts où on était plus sur les dents qui se sont transposés dans la musique et il y a d’autres pièces qui sont plus détendues. »

Le musicien décrit les pièces « Kindness » et « Alba » comme « des morceaux plus contemplatifs », tandis que « Proclamacion », en ouverture, est « celle qui colle le plus au jazz traditionnel malgré une approche plus rock ». Au-delà de la musique, le projet est marqué par une attention particulière à l’esthétisme, avec une signature visuelle captivante en noir et blanc. Un artiste visuel, Frédérik Généreux, les a accompagnés au chalet au moment de l’enregistrement et a créé une œuvre pour chaque pièce. Celles-ci sont présentées dans la version physique de l’album, dévoilée sous la forme d’un livre-disque qui est disponible sur la plateforme Bandcamp.

Pour souligner la sortie de son album, Le Jager a tenu un spectacle de lancement à la Salle Théâtre La Scène de Saint-Hyacinthe à la fin octobre. Celui-ci a été capté et des extraits vidéo pourraient être diffusés prochainement, notamment via la page Facebook du groupe.

 

Maxime Prévost-Durand

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