1 février 2022
Parlons du suicide pour sauver des vies
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Parrainage civique des MRC d’Acton et des Maskoutains souligne la 32e édition de la Semaine nationale de prévention du suicide qui se déroule du 30 janvier au 5 février.

Pour une 5e année consécutive, l’éloquent thème « Parler du suicide sauve des vies » est repris et la campagne se concentre sur la prévention dans les sphères numériques. Au Québec, l’acte le plus violent qui soit envers soi-même fauche encore trois vies par jour.

Évidemment, aucune cause unique ne peut expliquer ou prédire un suicide. Il s’agit plutôt d’un amalgame de facteurs personnels, sociaux et culturels. Parmi ceux-ci, nous trouvons entre autres des traumatismes en tout genre, des pertes importantes ou des changements de vie et/ou des stresseurs importants. Bien sûr, le sentiment d’isolement est aussi un facteur important. Toutefois, malgré la pandémie, les chiffres de 2020 (encore non officiels) indiqueraient que le taux de suicide serait à la baisse, selon l’Agence-Presse. Les risques d’augmentation de ce taux étant loin d’être écartés, cette 32e campagne de prévention est primordiale!

La mission de Parrainage civique étant ce qu’elle est, il nous semble intéressant de nous pencher sur les facteurs augmentant le risque de suicide chez nos bénéficiaires vivant avec une déficience intellectuelle (DI), physique ou avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Un rapport a été produit à ce sujet en février 2014 à la suite d’une consultation d’experts issus du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie ainsi que du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement de Montréal. Ce document rapporte que, même si le phénomène est jusqu’à ce jour peu connu, il semble pourtant évident que son incidence est importante, particulièrement chez les personnes ayant un TSA ou une DI légère.

Les facteurs de risque pour ces populations seraient assez similaires à ceux de la population en général, mais les experts en ont dégagé certains qui auraient une plus grande incidence pour notre « clientèle ». Des événements circonstanciels tels qu’une perte, un deuil, des transitions, de l’intimidation, des tentatives de suicide antérieures ou l’annonce d’un diagnostic sont susceptibles d’influencer ces personnes plus fortement. De plus, des états particuliers, dont un changement significatif du niveau de fonctionnement de base, l’impulsivité et la consommation de substances sont identifiés comme des facteurs de risque discriminants.

Les intervenants n’étant pour l’instant pas outillés, comment peut-on tenter de prévenir et de protéger? Les experts croient que la présence d’un réseau de soutien et une bonne intégration sociale sont des éléments qui contribueraient à diminuer les probabilités d’un passage à l’acte.

Parrainage civique travaille justement à briser l’isolement de ces personnes plus vulnérables et visent leur intégration et leur participation à la communauté. Il devient donc vraiment intéressant de constater à quel point les jumelages et amitiés formés peuvent contribuer à sauver des vies! L’organisme désire donc remercier tous ses membres bénévoles pour leur essentielle implication. Nous les considérons ni plus ni moins comme les superhéros des temps modernes.

Julie Gosselin, responsable de la vie associative et des communications, Parrainage civique des MRC d’Acton et des Maskoutains

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