21 mai 2019
Capsule parents
Protéger les enfants des abus sexuels…EN PARLER (partie 1)
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

La problématique des abus sexuels n’est pas un sujet agréable, donc réfléchir à la façon de l’aborder avec de jeunes enfants, c’estencore plus délicat. Plusieursparents évitent ce sujet pour différentes raisons, mais ne pas aborder une problématique ne signifie pas qu’elle sera inexistanteou ne fera jamais partie de la réalité.

En 2008, 62 % des victimes d’agressions sexuelles avaient moins de 18 ans et, dans la moitié des cas, les gestes ont été posés par une personne de la famille immédiate ou élargie (site du CHU Sainte-Justine). Voyant ces chiffres, il est de toute évidence pertinent d’en parler, d’être vigilant et de sensibiliser tous les enfants face aux abus sexuels.
Le but ici n’est pas de devenir hypervigilant ou couper l’enfant de toute liberté possible, mais bien de rester alerte et de s’assurer que l’enfant soit bien outillé pour parler de cette problématique, au besoin.

Il n’y a pas qu’une seule façon d’échanger sur le sujet avec un jeune enfant, mais il importe d’adapter son langage selon l’âge de ce dernier, ses capacités, ses limites et son niveau de compréhension. Si le sujet a préalablement été abordé, vérifiez les connaissances et la compréhension de l’enfant. Complétez les informations selon ce qu’il vous dit, si nécessaire.

Vous pouvez pour une première fois aborder le sujet des abus à partir des émotions de l’enfant; commencer par lui demander des exemples concrets de moments qui l’ont rendu heureux et des exemples de moments où il s’est moins bien senti. Aidez-le à comprendre pourquoi telle situation fut agréable ou désagréable et valorisez ce que l’enfant vous partage. Faites un lien entre un moment désagréable et le fait qu’il se peut que nous ne nous sentions pas bien avec une personne en particulier, même si elle dit nous aimer très fort. Qu’il puisse arriver que cette personne dise, touche, demande ou montre des choses par rapport au corps qui le rend mal à l’aise. Qu’il puisse arriver que cette personne lui demande de garder un secret qui le rend triste ou « pas bien » (utilisez des termes simples adaptés à son langage).

Il importe que l’enfant sache que, dès qu’il n’est pas bien dans une situation, il a le droit d’en parler et que vous serez fier de lui (même s’il n’y a peut-être pas eu d’abus en tant que tel). Cela l’incitera encore plus à reconnaître et à nommer ses inconforts tout au long de sa vie. Faites-lui aussi nommer des exemples de personnes en qui il a confiance et vers qui il pourrait se diriger au besoin (vous, un grand-parent, un parent d’un ami, un professeur, etc.)

Si votre enfant a déjà subi un abus sexuel, il importe de faire les démarches nécessaires, de le protéger et de lui offrir du soutien. N’oubliez jamais qu’en aucun cas, la personne victime n’est responsable d’un abus sexuel; l’agresseur reste le seul responsable des gestes commis.

Vous pouvez contactez le CAVAS, un centre d’aide pour victimes d’agression sexuelle et leurs proches au 450 778-9992 pour des services d’aide, de l’écoute ou des références.

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