25 janvier 2022
Saint-Barnabé-Sud et ses pompiers
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Au terme des élections municipales du 7 novembre, une situation plutôt inusitée s’est produite à la Municipalité de Saint-Barnabé-Sud. Sur les six conseillers élus, trois sont des pompiers volontaires. Et comme si ce n’était pas déjà suffisant, l’épouse du chef des pompiers siège également au conseil municipal.

Rien n’interdit que plusieurs membres d’une même organisation ou famille puissent siéger à un conseil municipal en même temps. « Les citoyens, quand ils ont voté, étaient au courant de cette information. Ils ont décidé de les élire quand même », explique Danielle Pilette, experte en gestion municipale et professeure à l’Université du Québec à Montréal.

Selon elle, vu qu’ils sont employés de la Municipalité et du service des incendies, ils devront être tenus de ne pas être en conflit d’intérêts ni même en apparence de conflit d’intérêts comme n’importe quel autre conseiller sur d’autres sujets. « Quand il y aura des contrats et des engagements sur le service incendie, ils devraient s’abstenir de voter tout simplement. C’est la seule chose que je vois », ajoute l’experte.

Pour le maire Alain Jobin, la situation ne pose aucun inconvénient. « Il n’y a pas de conflit d’intérêts, car la Municipalité ne gère pas les activités du service incendie », indique-t-il. La Municipalité de Saint-Barnabé-Sud et la Municipalité de Saint-Hugues se sont unies afin de créer la Régie intermunicipale de protection incendie du nord des Maskoutains. Cette Régie possède son propre conseil d’administration qui prend ses propres décisions. « La seule chose qui passe au conseil municipal et que l’on discute est le budget de la Régie et le montant du bail pour le bâtiment de la caserne », indique le maire Jobin.

Lors de ces discussions, s’il y a un vote, Mme Pilette estime que les conseillers qui travaillent au service incendie devraient s’abstenir de voter pour ne pas être en apparence de conflit d’intérêts. « Si des citoyens jugent qu’un conseiller municipal est en conflit d’intérêts et qu’il ne s’est pas abstenu de voter, il peut en faire part au Commissaire à l’intégrité municipale et aux enquêtes (CIME) qui prendra le dossier et, s’il y a lieu, donnera des sanctions en conséquence », ajoute-t-elle.

 

Laurent Théoret

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