Au cours de l’audience du 17 janvier dernier qui visait à déterminer si le résident de Saint-Barnabé-Sud avait commis un outrage au tribunal, M. Meddah a affirmé n’avoir été informé de l’ordonnance qu’un mois après le jugement. Selon sa version des faits, il n’a pas pu participer à l’audience, qui a mené à l’ordonnance, en novembre à cause de son travail de camionneur et il a rejeté le blâme sur son fils Oussama, qui a témoigné être l’auteur du site Internet et des affiches.
Pour la juge Chantal Lamarche, l’accusé a tout simplement préféré rester dans l’ignorance et a fait preuve d’aveuglement volontaire. Elle rejette d’ailleurs l’argumentaire de M. Meddah, qui établit de simples coïncidences entre les dates d’audience et les moment s où les affiches ont été installées et le site Internet mis en ligne.
« Ajoutons aussi que le comportement de M. Meddah, en laissant son fils remettre en ligne un site qu’il sait interdit et dont il contrôle le contenu selon son propre aveu judiciaire, sans faire la preuve des démarches qu’il aurait entreprises pour désactiver ce site, est comparable à une insouciance complice de ne pas assurer le respect de l’ordonnance », souligne-t-elle en ajoutant qu’elle ne croit pas Oussama responsable du délit.
Rappelons que des affiches associant la Municipalité au régime nazi et au dictateur nord-coréen Kim Jong-un ont été installées en juin 2024 sur la façade de la maison où habite M. Meddah. Elles avaient été retirées avant d’être réinstallées en novembre. Le 15 novembre 2024, la Cour supérieure a prolongé une injonction qui ordonnait à M. Meddah de cesser et de s’abstenir de tenir des accusations diffamatoires en lien avec le régime nazi ou toute association avec un régime dictatorial.
Les avocats de M. Meddah et de la Municipalité auront maintenant rendez-vous le 24 avril pour débattre sur la peine. « M. Meddah ne prend pas au sérieux les jugements rendus par les différents juges, ce qui porte atteinte à la crédibilité du système de justice, lequel est fondamental dans une société démocratique, une société de droit », conclut la juge Lamarche.