2 novembre 2021
Saint-Hyacinthe reluque les terres de la Métairie
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Plan du parc selon les documents de Nature-Action Québec. Photo gracieuseté

Saint-Hyacinthe a manifesté clairement son intention d’acheter les terres de la Métairie qui appartiennent aux Sœurs de la Charité et pour lesquelles le Groupe Robin possède une option d’achat. Si elle n’arrive pas à une entente, elle ira jusqu’à exproprier les propriétaires afin d’y créer un parc-nature plus grand que celui des Salines.

Le 4 octobre, en séance du conseil municipal, les élus ont adopté une résolution qui lance les démarches pour exproprier six lots s’étendant sur 108 hectares. L’objectif avoué est d’agrandir un petit parc appartenant déjà à la Ville sur la rue des Seigneurs Ouest. Le conseiller municipal du secteur, Bernard Barré, n’a pas ménagé ses mots. « C’est un tournant historique que notre Ville vit ce soir. C’est un choc électrique. Un coup de tonnerre », a-t-il lancé avant de proposer la résolution.

La Ville avait démontré un intérêt d’acquérir ces terres en 2011 au même moment où elle a commencé ses démarches pour acheter le couvent de la Métairie afin d’en faire un centre culturel. Mais depuis, les discussions sur le dossier ne se sont pas tenues sur la place publique. Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, assure toutefois que la Ville a tenu plusieurs rencontres avec la communauté religieuse. La Ville a notamment commandé des plans d’aménagement auprès de Nature-Action Québec en 2018.

Selon ces plans, la Ville prévoit de garder une partie des terres cultivables disponibles à la location. Le projet viserait à reboiser certains secteurs, agrandir les bandes riveraines, aménager des jardins communautaires et des plaines pollinisatrices. On y retrouverait aussi des sentiers accessibles au public.

Effet pandémique

Bien qu’elle ait toujours été dans l’air, la volonté d’acheter ces terres s’est concrétisée en 2021. C’est donc pour cette raison qu’il n’a jamais été question d’acheter le Club de golf La Providence en 2016, a précisé M. Corbeil en entrevue au journal.

Il a rappelé qu’en janvier 2021, la Ville avait réservé l’accès au parc Les Salines aux résidents de la MRC des Maskoutains. « Pendant la pandémie, le parc Les Salines était rempli à pleine capacité. On a même dû refuser des gens de l’extérieur de la MRC parce que ça ne marchait plus. On a vite compris qu’un parc nature pour les citoyens est un élément fort important. Le seul endroit où on peut développer ça, c’est sur les terres de la Métairie », poursuit M. Corbeil.

Depuis le début de l’année, les élus ont relancé les démarches plus sérieusement. Étant donné la promesse d’achat avec le Groupe Robin, M. Corbeil affirme que la Ville s’est informée sur la façon de procéder. La semaine dernière, le maire, le conseiller Bernard Barré et le directeur général Louis Bilodeau ont rencontré les Sœurs de la Charité pour réitérer l’intérêt de la Ville à acquérir ces terres. « On a fait une offre d’achat honnête, poursuit M. Barré. [Concernant] notre demande d’expropriation, il ne faut pas penser qu’on veut bousculer les choses. On veut s’assurer de ne pas l’échapper. »

Puisque la majeure partie des terres est située en zone agricole, la Ville devra déposer des demandes auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour changer l’usage sur ces lots. Aucun bâtiment ne s’y trouve. Selon le rôle d’évaluation de la Ville de Saint-Hyacinthe, ces terres ont une valeur de 3 970 700 $. Cet achat potentiel n’a cependant pas été inclus dans le dernier plan triennal d’immobilisations de la Ville puisque le projet s’est précisé au courant de l’année 2021, souligne le maire.

Les Sœurs de la Charité ont préféré attendre avant de répondre aux questions du journal. La présidente du Groupe Robin, Nellie Robin, abonde dans le même sens, jugeant prématuré de discuter de la question sur la place publique.

Sarah-Eve Charand

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