15 février 2022
Transbordement de propane : Upton sans flamme contre un projet du Groupe Suroît
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Maxime Beaugrand et Nicolanne Sabourin, du mouvement citoyen « Upton sans flamme », suivent de très près le projet de transbordement de propane du Groupe Suroît, qui prévoit, en plein cœur du village, l’ajout de 11 réservoirs et de 240 wagons-citernes. Photo Alain Bérubé

Maxime Beaugrand

L’accident ferroviaire survenu en juillet 2013 à Lac-Mégantic a frappé l’imaginaire alors que 47 personnes ont perdu la vie en plus de détruire une bonne partie de la ville. Un mouvement citoyen né sur Facebook, « Upton sans flamme », souhaite éviter une tragédie du même genre et questionne le potentiel développement d’un méga site de transbordement de propane sur le territoire de la municipalité.

Avec, entre autres, la diffusion d’un reportage à l’émission Enquête, en novembre sur les ondes de Radio-Canada, un nombre grandissant de citoyens ont exprimé publiquement leurs inquiétudes. « Upton sans flamme » mentionne que le Groupe Suroît souhaite exploiter un site de stockage et de transbordement du gaz propane à l’entrée nord du village, sur la route 116. « Le projet inclut 11 réservoirs de 90 000 gallons US de propane et 241 wagons-citernes. C’est pour bien des gens une source de questionnement majeure. On parle ici d’une bombe à retardement », mentionne Nicolanne Sabourin, porte-parole du mouvement citoyen.

Mme Sabourin fait remarquer que le conseil municipal d’Upton, avec le maire Yves Croteau en tête, a fait approuver le changement de zonage du terrain agricole, à la suite d’une offre d’achat faite en 2009 par Propane du Suroît. « Cet emplacement permet de profiter de la voie d’évitement déjà en place, car d’autres municipalités ont refusé ou limité le projet », ajoute-t-elle.

Un des membres d’« Upton sans flamme », Maxime Beaugrand, affirme que le mouvement citoyen a pour but principal de bien informer la population sur les implications de ce projet majeur.

« Nous ne souhaitons pas à tout prix empêcher Propane du Suroît d’aller de l’avant. Mais c’est normal qu’on se pose des questions. Les impacts sont nombreux : danger pour la sécurité publique, baisse de la valeur des propriétés, circulation en hausse à cause des poids lourds, bruit causé par les opérations 24 heures sur 24 ainsi que la perte de terrains agricoles de qualité », mentionne-t-il.

M. Beaugrand mentionne que des citoyens ont assisté à des assemblées municipales afin de faire entendre leur voix. « Lors d’une récente assemblée, une trentaine de citoyens étaient sur place. […] Au moins un conseiller, Mathieu Beaudry, est très sensible à nos revendications. Et le maire Robert Leclerc ainsi que la conseillère Barbara Beugger ont affirmé être maintenant contre le projet. On a bien hâte de voir la suite », commente-t-il.

Mme Sabourin rappelle qu’en 2010, une fuite de propane sur le site de Distribution Upton, au centre du village, avait forcé l’évacuation du village.

De son côté, le député de Saint-Hyacinthe-Bagot, Simon-Pierre Savard-Tremblay, a fait parvenir au ministre des Transports et au ministre de l’Environnement une lettre pour les informer de l’inquiétude de la population face au projet et pour les inciter à être très attentifs vis-à-vis de ce terminal intermodal. Le cabinet du ministre du Transport a rapidement contacté M. Savard-Tremblay après avoir pris connaissance de sa lettre. Une rencontre aura lieu prochainement.

Le Groupe Suroît se montre rassurant

Le président-directeur général du Groupe Suroît, Marquis Grégoire Jr, affirme avoir pris connaissance des inquiétudes exprimées publiquement par le mouvement citoyen « Upton sans flamme ».

« Nous sommes très conscients qu’il y a des questionnements sur ce nouveau site de transbordement, ce qui est tout à fait normal. Soyez assurés que le respect et la sécurité sont des valeurs fondamentales au sein de notre entreprise. On travaille d’ailleurs depuis dix ans afin d’améliorer constamment notre projet », commente M. Grégoire Jr.

Il ajoute que l’entreprise a obtenu les autorisations nécessaires à la demande du permis afin de réaliser ce site de transbordement et que l’encadrement des activités sur le site sera vraiment serré. « Contrairement à ce qui a été publicisé auparavant, le projet ne prévoit pas une capacité de 241 wagons-citernes. On parle plutôt de quelques dizaines de wagons. Toutes les précautions nécessaires seront prises. On sera très loin de ce qui était en place lors de la tragédie à Lac-Mégantic, soyez-en assurés! », conclut-il.

 

Alain Bérubé

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