22 février 2022
Initiatives et réalisations maskoutaines
Une Liboiroise fera son entrée à l’Académie de baseball du Canada
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Déjà reconnue comme l’une des meilleures joueuses au Québec dans son groupe d’âge, Lydia Lefebvre fait partie de la toute première cohorte féminine créée par l’Académie de baseball du Canada. Photo gracieuseté

L’Académie de baseball du Canada (ABC), un programme d’excellence réputé pour développer les meilleurs joueurs du Québec et les amener au niveau supérieur, s’ouvre aux filles. Une première cohorte féminine sera officiellement créée à l’automne et la Liboiroise Lydia Lefebvre en fera partie.

L’athlète de 16 ans, qui évolue depuis quelques années avec les équipes provinciales féminines, fait même figure de pionnière puisqu’elle s’entraîne déjà avec l’ABC depuis septembre dernier. Elle et onze autres joueuses figurent au sein d’une « pré-cohorte » qui a pris forme pour aider à établir les bases de ce nouveau programme de Baseball Québec offert à Trois-Rivières. Celui-ci s’adresse aux élèves de 4e et 5e secondaire ainsi qu’aux étudiantes des niveaux collégial et universitaire.

« C’est juste incroyable. Pour les gars, c’est le plus gros niveau, mais pour nous, les filles, ce l’est encore plus. L’ABC, c’est l’endroit où on peut le plus performer », s’enthousiasme Lydia au bout du fil lors d’un entretien téléphonique.

Jusque-là, la joueuse de Saint-Liboire faisait partie du programme sport-études de l’école secondaire Fadette. Elle était l’une des rares filles parmi les garçons. Bien que son expérience ait été profitable, elle n’a pas hésité longtemps lorsqu’on l’a invitée à se joindre au volet féminin de l’ABC.

« Ça faisait longtemps que j’en parlais dans mon sport-études que ce serait le fun qu’il y ait une ABC pour les filles. J’ai sauté sur l’occasion. C’est le meilleur programme qui pouvait s’offrir à moi, lance-t-elle. En tant que fille, on n’a pas le même développement que les gars et, avec le sport-études, on faisait beaucoup d’entraînements qui étaient plus pour les gars. Avec l’ABC, c’est plus concentré sur les filles. […] Ça a changé toutes mes approches. Ce n’est pas pareil. On se compare entre nous, on s’aide et c’est plus facile de s’identifier aux autres. »

Sur le terrain, Lydia évolue principalement comme lanceuse et joueuse de 2e but, en plus de se démarquer au bâton. « C’est une joueuse polyvalente qui a d’excellentes mains en défensive et une bonne force de frappe », note Patricia Landry, entraîneuse-chef et coordonnatrice du volet féminin de l’ABC.

Depuis son arrivée au sein de ce nouveau programme, où elle peut profiter d’installations comme une cage de frappeurs et de lanceurs, Lydia dit avoir voulu peaufiner certains aspects techniques de son jeu. « Je voulais surtout travailler sur mon explosion, autant au bâton qu’en lançant, et je vois déjà une progression, souligne-t-elle. J’ai aussi beaucoup travaillé sur ma balle courbe, sur le relâchement, et je vois une différence. »

Bien qu’elles aient joué quelques parties ensemble à l’automne, les joueuses qui font partie de l’ABC ne forment pas une équipe en tant que telle puisque l’objectif du programme est avant tout de les développer individuellement. Cette approche plaît d’ailleurs bien à la Liboiroise. « Je trouve que c’est une bonne chose parce que ça nous permet de travailler différentes choses plus personnelles », confie-t-elle.

Avec les nouveaux outils qu’elle ira chercher avec l’ABC, Lydia souhaite d’abord maintenir sa sélection sur l’équipe du Québec et continuer de progresser comme joueuse. À plus long terme, le rêve d’une place au sein de l’équipe nationale ne semble pas farfelu, bien qu’elle n’en fasse pas un objectif primordial. « Mon but est de voir jusqu’où je peux me pousser. »

D’ailleurs, la cohorte féminine de l’ABC est la première initiative du genre au pays, voire en Amérique du Nord, indique Patricia Landry. « Notre objectif est de placer le plus de filles sur les équipes provinciale et nationale. On aimerait peut-être même accueillir des joueuses d’autres provinces éventuellement. »

 

Maxime Prévost-Durand

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